Le cours propose une exploration du genre de la nouvelle, à travers trois recueils majeurs. Le Decameron (XIVe s.) de l’Italien Boccace met en place un récit-cadre qui connaîtra une grande fortune : sept femmes et trois hommes de l’aristocratie, réunis dans la campagne toscane pour fuir la peste sévissant à Florence en 1348, se racontent cent histoires, à raison d’une par personne et par jour.
Inspirées de Boccace mais se signalant par leur nouveauté, les anonymes Cent nouvelles nouvelles, écrites à la cour de Bourgogne autour des années 1460, constituent le premier recueil de nouvelles en langue française. Les cent histoires, racontées par le duc de Bourgogne ou les membres masculins de sa cour, développent principalement une veine comique et grivoise.
Enfin, à la fin de sa vie, Marguerite d’Angoulême (1492-1549), sœur du roi François Ier, Reine de Navarre par un second mariage, entreprend l’écriture de L’Heptaméron, un recueil de nouvelles inspiré du Décaméron mais qui s’en émancipe néanmoins de nombreuses manières. Dix aristocrates français – cinq hommes et cinq femmes – isolés du monde dans une abbaye des Pyrénées à la suite d’un déluge, entreprennent de conter chacun une nouvelle par jour afin d’oublier leur « ennui ». Les 72 nouvelles conservées, tantôt piteuses, tantôt joyeuses, ainsi que les débats animés qu’elles suscitent parmi les dix narrateurs-devisants, renouvellent de manière radicale le genre de la nouvelle en France, tout en offrant un riche tableau de la société du XVIe siècle, marqué notamment par la violence des rapports entre les hommes et les femmes.