Complément au cours présentiel
L’introduction des technologies numériques et des réseaux, dans le domaine du spectacle vivant, et plus particulièrement dans la danse et le théâtre occidentaux, engendre un bouleversement qui oblige à s’interroger sur la nature des arts de la scène et sur leur évolution. Le recours aux technologies numériques dans le spectacle vivant fait toujours débat, presque 60 ans après les premières expérimentations en la matière. Ce cours est consacré aux relations entre arts de la scène et technologies numériques, au travers de l’étude de textes publiés entre 1956 et 2006 par des théoriciens, des artistes ou des critiques, et dans le cadre de l’élaboration d’une anthologie de référence sur le domaine. Nous avons choisi d’utiliser l’expression « digital performance » qui s’est imposée dans le monde anglo-saxon pour désigner ce champ. Histoire, techniques, enjeux artistiques et esthétiques seront abordés, dans une optique résolument multidisciplinaire.
Seconde partie du cours de spécialisation, consacré aux le relations entre les techniques audiovisuelles et les formes cinématographiques
Déchéances, résurgences et survivances du Western

Le western, genre cinématographique dont on a si souvent annoncé la mort depuis presque soixante ans, connaît depuis une vingtaine d’années un incontestable regain d’intérêt, comme en atteste le nombre grandissant de productions qui s’y inscrivent, ou qui s’en réclament.
Il s’agira dans ce cours de tenter une expérience : celle d'une histoire du western qui se ferait à rebours. En partant de ses aspects contemporains, on remontera progressivement à ses sources esthétiques et historiques, pour interroger ce qu'en dit le temps présent, et ce qu'il dit du temps présent. Sans prétendre à l'exhaustivité, on cherchera tout de même à inventorier les formes, les usages et les imaginaires du western, leurs permanences et leurs migrations, que ce soit dans le champ du cinéma ou dans d'autres productions culturelles, industrielles et sociales (arts plastiques, musique, bande dessinée, télévision, publicité, sports, jeu vidéo, photographie...).
Dans ce cours, nous explorerons la question des archives - film et non-film - qui peuvent vous servir dans le cadre de votre recherche (et dans votre future vie professionnelle) - Je vous présenterai l'histoire de certaines institutions, les logiques de classement et de conservation - je ferai en sorte de vous présenter des exemples d'usages originaux d'archives, y compris au service de l'analyse des films. Je vous transmettrai également certaines méthodes de recherche pour vous repérer dans les archives liées aux personnes comme aux entreprises (archives notariales, départementales, nationales, etc.) -
En plus des échanges sur l'avancée et les problématiques du dossier de recherche, ce cours invite les étudiants à s'interroger sur les liens actuels entre histoire et esthétique du cinéma, à travers l'étude des principaux ouvrages, publiés ces dernières années, proposant des pistes de réflexion sur ces questions.
Les étudiants devront, dans ce cadre, présenter oralement leur compte-rendu d'un ouvrage récent de leur choix.
Le cours est une introduction à l'anthropologie de l'art.

Muriel van Vliet

Cours d’esthétique – Master - Semestre 1 – 2021

Esthétique, théorie de l’image et anthropologie

L’esthétique a longtemps été considérée comme discours sur le Beau, sur la « Belle Nature », questionnant la spécificité du jugement de goût, l’autonomie de l’œuvre d’art (Boileau, Batteux, Kant, Hegel). Mais la rencontre de peuples extra-occidentaux, la reconnaissance de la diversité des cultures, ainsi que la découverte de l’art préhistorique ont fait naître une théorie de l’image plus vaste, conduisant à intégrer l’art dans un processus culturel complexe, entre langage, rituel magique, instrumentation technique, et construction scientifique. Cette théorie de l’image renonce à discuter des critères du beau de manière unilatérale et à fixer le jugement de goût de manière péremptoire. Elle réfléchit désormais plutôt aux différentes manières d’exprimer et de signifier à travers l’art (sémiologie). Elle s’ouvre sur une réflexion anthropologique sur la place de l’art, entre geste technique et parole magique. On questionne parallèlement comment présenter d’un point de vue muséologique et graphique (ouvrages d’art, avec la naissance de la reproductibilité technique des œuvres) des objets à mi-chemin entre œuvres d’art et documents ethnologiques.
Le cours propose un panorama de textes dont on recherchera ensemble les problématiques pas à pas, tout en les confrontant à des reproductions d’œuvres, classique ou contemporaines. Parmi les auteurs présentés figureront :
Cours 1 : l’ethnologue et historien de l’art Aby Warburg,
Le rituel comme expression des peurs collectives, les formules de Pathos, la migration des images (orientation, inversion de polarité)
Cours 2 : l’historien de l’art Erwin Panofsky et le philosophe Ernst Cassirer,
L’art comme culture, l’art comme forme symbolique, trahissant une épistémè, des habitus culturels
Cours 3 : le paléontologue André Leroi-Gourhan,
Signes abstraits et représentations concrètes, l’art préhistorique comme proto-écriture
Cours 4 : l’architecte Gottfried Semper,
L’ornement, les arts appliqués, un musée des arts appliqués
Cours 5 : l’artiste et ethnologue Michel Leiris,
Le vol du boli, la revue Documents, la question du musée d’ethnographie
Cours 6 : l’intellectuel que fut André Malraux,
Le musée imaginaire : histoire de l’art et photographie
Cours 7 : l’anthropologue et ethnologue Claude Lévi-Strauss,
La transformation des masques
Cours 8 : les anthropologues et ethnologues actuels que sont Philippe Descola…
Les visions du monde
Cours 9 : et Tim Ingold
Une anthropologie des lignes
Cours 10 : partage autour des cours, présentations des étudiants selon les volontés des uns et des autres

Ce cours est une introduction générale qui ne nécessite pas de connaissances préalables, mais suppose la lecture et relecture attentive des textes lus, comme support pour s’exercer au commentaire et à la dissertation sur l’art.

Bibliographie :

Ouvrages dont seront extraits les textes du cours :
Gottfried Semper, Du style et de l’architecture, Écrits, 1834-1869.
Aby Warburg, Le rituel du serpent, Macula, 2011.
Aby Warburg, Fragments sur l’expression, L’écarquillé, 2015.
Claude Lévi-Strauss, La voie des masques, in Œuvre, nrf Gallimard, 2008.
André Leroi-Gourhan, Le geste et la parole, Tome 1 – La mémoire et les rythmes ; Tome 2 – Technique et langage, Albin Michel, 1964-65.
Michel Leiris, L’Afrique fantôme, Tel, Gallimard, 1981.
André Malraux, Le musée imaginaire, Folio essai, Gallimard, 1965.
Michael Houseman - Carlo Severi, Le naven ou le donner à voir – Essai d’interprétation de l’action rituelle, CNRS, Edition de la MSH Paris, 2009.
Carlo Severi, « Pour une anthropologie des images – Histoire de l’art, esthétique et anthropologie », in L’Homme, p. 7-10, 2003.
Philippe Descola, La fabrique de l’image – Visions du monde et formes de représentation, Edition Musée du quai Branly / Somogy, 2011.
Tim Ingold, Une brève histoire des lignes, Zones sensibles, 2013.
Tim Ingold, Faire – Anthropologie – Archéologie, art et architecture, Dehors, 2017.
Ce cours de méthodologie tournera autour de la question « arts et sciences sociales » et sera considéré comme une introduction aux relations multiples et complexes des différents champs disciplinaires qui composent les sciences de l’homme et sciences sociales avec l’art ou les arts. Dans les limites de ce cours nous aborderons la sociologie de l’art, l’anthropologie et les études de genre, par l’examen de textes et d’exemples qui seront analysés et discutés en cours. Nous verrons comment chaque discipline envisage les phénomènes artistiques avec ses propres méthodes et outils et en quoi ceux-ci peuvent nous amener à repenser notre approche disciplinaire des arts.