Le cours s’efforcera de montrer comment l’Antiquité classique a été rêvée, instrumentalisée du
XVIIIe siècle à nos jours, projetée hors de son temps et de son espace particulier. À partir
d’exemples précis et variés, nous analyserons les différentes facettes de la réception et la façon
dont, en Europe, les érudits, les artistes, les photographes, les cinéastes se sont appropriés les
références antiques, parfois pour les adapter ou les détourner. Plusieurs thèmes seront abordés : la
réception de Pompéi et l’anticomanie (le goût de la collection et les copies) ; les peintres d’histoire
et l’esthétique antique au XIXe siècle (Alma Tadema et Gérôme) ; le roman et le cinéma/péplum à
travers l’exemple de Quo vadis ; enfin, un regard sur la réception du mythe gaulois.

« Être gouverné », écrivait Proudhon en 1851, « c’est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, […], censuré, commandé, par des êtres qui n’en ont ni le titre, ni la science, ni la vertu ». Celui que l’on désigne souvent comme le père de l’anarchisme se garde bien d’ajouter qu’être gouverné, c’est aussi, éventuellement, être protégé, secouru, instruit ou promu. La manière dont il formule sa critique de l’État n’en est pas moins précieuse. Proudhon délaisse en effet l’analyse institutionnelle et porte sa réflexion sur les effets concrets des pratiques de l’État dans la vie des citoyens ordinaires, « noté[s], enregistré[s], recensé[s], tarifé[s] » pour reprendre le fil, encore incomplet, de son long inventaire. Sur le même modèle, ce cours examinera la croissance de l’État – fait majeur dans l’histoire de l’Europe au XIXe siècle – à partir des interactions concrètes de celui-ci avec les populations du continent et de la présence de ses agents dans la vie quotidienne des Européens. Et l’on verra que ces serviteurs de l’État furent les premiers à être gouvernés au sens de Proudhon, c’est-à-dire à devoir adopter un certain comportement conforme à leur statut.
Bibliographie indicative : B. KAFKA, Le démon de l’écriture. Pouvoirs et limites de la paperasse, Zones sensibles, 2013 ; L. RAPHAEL, Recht und Ordnung. Herrschaft durch Verwaltung im 19. Jahrhundert, Fischer, 2000 ; P. ROSANVALLON, L’État en France de 1789 à nos jours, Le Seuil, 1990 ; C. TILLY (ed.), The Formation of National States in Western Europe, Princeton University Press, 1975.
Enseignant : P. Karila-Cohen
A la fin du Moyen Age (XIVe-XVe siècle), toutes les autorités constituées - des papes aux empereurs en passant par les rois ou les cités-états indépendantes - ont recours aux prestiges de l’image. Le pouvoir en représentation emprunte alors les supports les plus divers, des monnaies aux tapisseries, en passant par les manuscrits ornés, les peintures murales et bientôt de chevalet, les sculptures funéraires ou encore les médailles. L’inflation considérable de l’imagerie politique, la variété de ses supports comme le renouvellement de ses formes (« inventions » du portrait, de la perspective mathématique, etc.) témoignent de l’importance inédite accordée aux pouvoirs de l’image. Centré sur l’étude des rapports entre images et pouvoirs, ce cours s’organise autour d’un double questionnement. En premier lieu, il s’agira de déterminer quels sont les motifs et les moyens de l’appropriation de l’image par le pouvoir. Comment et pourquoi certains pouvoirs produisent-ils des représentations d’eux-mêmes ? En second lieu, on s’interrogera sur les pouvoirs de l’image : comment le dispositif représentatif exerce-t-il une emprise sur les esprits, signifie-t-il une puissance ? Les images ont-elles vraiment une efficacité politique ?
Indispensable au métier d'historien, le déchiffrement des écritures anciennes ne s'improvise pas. Envisagée ici en tant que science auxiliaire de l'histoire, la paléographie vise à déchiffrer les textes manuscrits (en langue française) antérieurs (ou contemporains) à la diffusion de l'imprimerie. Le cours se conçoit comme une initiation à la paléographie française (XIVe-XVe s.) en même temps qu'à une histoire des écritures en usage dans l'Europe occidentale (du IXe au XVe s). Il s'intéressera aussi à la matérialité du livre médiéval en abordant quelques notions de codicologie.

[Objectifs: acquisition d'une compétence technique dans le déchiffrement des écritures anciennes - initiation à la recherche sur des sources originales manuscrites - accès aux archives - découverte d'un objet : le livre médiéval]
L'importance prise par l'image dans notre propre société a rendu l'historien plus attentif aux problèmes soulevés par les formes et les fonctions des représentations figurées au cours de l'histoire. L'Europe médiévale occupe une place importante dans l'histoire longue de l'image en Occident: contournant le vieil interdit biblique pesant sur l'image - "Tu ne feras pas d'idole" - le Moyen Age occidental n'a pas hésité à produire de nombreuses représentations figurées, y compris, et peut-être surtout, du dieu incarné. Par-delà la présentation d'un certain nombre d'images caractéristiques de cette période, ce cours vise à familiariser les étudiants avec les méthodes d'analyse propres à l'image médiévale en tant que celle-ci n'est ni un "objet d'art", ni une simple illustration des textes.
En prenant appui sur les cours précédemment suivis par les étudiants sur l’historiographie et l’histoire de l’histoire, cet enseignement de sciences auxiliaires portera sur la place de la discipline historique parmi les sciences humaines et sociales. Dans quelle mesure l’histoire en est venue à faire partie des « sciences sociales » telles qu’elles se sont constituées depuis la fin du dix-neuvième siècle ? Ces disciplines, séparément ou comme un ensemble aux contours incertains, prétendent expliquer comment les communautés humaines tiennent et interagissent, et rendre compte des comportements individuels en société. Leurs démarches sont parfois ouvertement opposées ou contradictoires entre elles. Quant à la place qu’y tient l’histoire, il n’existe aucun consensus, comme il n’y a pas d’accord non plus sur la proximité plus ou moins grande de l’histoire avec telle ou telle discipline des « sciences sociales ». Les relations entre ces disciplines ont elles-mêmes une histoire complexe au long du vingtième siècle et jusqu'à aujourd'hui, et le cours en retracera certains des moments et problèmes les plus importants.
Cet espace-cours s'adresse aux étudiants et aux étudiantes préparant le nouveau CAPES organisé en même temps que la L3 Histoire.
Le thème traité sera celui des Lumières.
Ce cours vise à la préparation des écrits (dates à venir ...)
Cet enseignement cherche à mettre en lumière les conditions d’émergence, le fonctionnement quotidien et le processus de transformation des empires coloniaux européens. Peut-on comparer des formations impériales aussi différentes que les empires coloniaux français, anglais ou hollandais ? Dans quelle mesure ces entités politiques hétérogènes ont-elles encouragé les circulations et les courants d’échanges ? Quels types de relations ces empires ont-ils entretenu entre eux ainsi qu’avec leur métropole ? À partir d’études de cas, il s’agira d’appréhender ce que fut la réalité des empires ouest-européens en Afrique et en Asie, leurs modes de légitimation, l’effectivité de leur domination en « situation coloniale » (G. Balandier) comme les différentes stratégies de coopération ou de résistance opposées par les populations colonisées, des premières années de l’occupation jusqu’aux vagues d’indépendance. Associées à la disparition de ces empires coloniaux, les décolonisations constituent en effet l’un des processus majeurs du XXe siècle dont il conviendra, dans un second temps, de retracer les étapes comme les modalités.
Le cours est conçu comme une initiation à la recherche en histoire, en se focalisant sur l’apport des outils numériques. La notion de corpus est essentielle pour conduire une recherche sur une question historique, quelles que soient la période, la thématique ou l’approche historiographique envisagées. Le corpus peut être défini comme la sélection par le chercheur ou la chercheuse des documents qu’il ou elle choisit comme sources pour traiter d’une question historique précisément définie. Or, les outils numériques actuellement disponibles amènent une réflexion nouvelle sur la façon dont un.e historien.ne construit son corpus et le transforme en données de recherche, et ce, à toutes les étapes de collecte, de stockage et de traitement des documents qui peuvent être numériques ou non. Le cours consistera à guider chacun des étudiants sur une étude spécifique de corpus, choisie dans la liste offerte par les directeur.rice.s de mémoire, en initiant en particulier aux outils numériques de collecte et à la prise en main d’un tableur pour modéliser une base de données. Ces questions techniques relèvent en réalité d’une étude qualitative approfondie des documents disponibles pour traiter d’un sujet de recherche.
Cet espace cours est destiné aux étudiant·es de L3 d'histoire inscrits dans le parcours Concours (nouveau Capes Bac + 3).

Vous y retrouverez les informations et ressources utiles pour suivre l'UEF3 du semestre 5 "préparation aux écrits".
Cet espace Cursus rassemble des ressources sur la Révolution française qui pourront vous aider à préparer la 2e question d'histoire moderne "« L’Europe du XVIIIe siècle, Révolution française et Empire »
Il s'agit essentiellement des ressources pédagogiques d'un cours qui était auparavant destiné à des étudiants de Licence 3.
En plus des 12 chapitres du cours centrée sur la Révolution française (qui ne couvre donc pas toute la question), vous trouverez des "fiches-mémos" qui font le point de manière synthétique sur des thématiques que le cours ne prend pas le temps d'approfondir.
Conservez à l'esprit que vous avez 8 questions à préparer en histoire : il ne s'agit donc pas d'acquérir un savoir encyclopédique sur la Révolution française mais d'identifier les grandes séquences, jalons, points de rupture et surtout les problématiques transversales à la période.
Le TD de l'UEF 3 sera l'occasion de revenir sur la question, tant sur la plan des connaissances à acquérir que sur la méthodologie à adopter.
Préparation au concours du CAPES (L3), pour la partie histoire du Moyen Âge.
La théorie selon laquelle la Hongrie et les Hongrois auraient des origines et un caractère profondément asiatiques retrouve aujourd’hui de la vigueur, au sommet de l’État hongrois et dans les mouvements ultra-nationalistes, comme parmi les intellectuels et dans les milieux artistiques. Elle s’était déjà exprimée au XIXe siècle, dans le sillage du « printemps des peuples », où l’on cherchait à asseoir l’identité nationale sur des fondements historiques, ethnographiques et linguistiques. Elle prolonge la conviction des chroniqueurs du Moyen Âge selon laquelle les Hongrois, arrivés de la lointaine et mystérieuse Scythie, descendraient directement d’Attila et de ses Huns. Encadrée chronologiquement par la domination hunnique (Ve siècle) d’un côté et ottomane (après les victoires de Soliman le Magnifique en 1526 puis 1541) de l’autre, la Hongrie formait-elle vraiment une enclave asiatique au sein de l’Europe médiévale ? La réponse varie selon que l’on privilégie les données factuelles – événements et institutions politiques, processus sociaux, productions culturelles, croyances et pratiques religieuses, etc. – ou bien leurs mises en récit successives.
Cet enseignement cherche à mettre en lumière les conditions d’émergence, le fonctionnement quotidien et le processus de transformation des empires coloniaux européens. Peut-on comparer des formations impériales aussi différentes que les empires coloniaux français, anglais ou hollandais ? Dans quelle mesure ces entités politiques hétérogènes ont-elles encouragé les circulations et les courants d’échanges ? Quels types de relations ces empires ont-ils entretenu entre eux ainsi qu’avec leur métropole ? À partir d’études de cas, il s’agira d’appréhender ce que fut la réalité des empires ouest-européens en Afrique et en Asie, leurs modes de légitimation, l’effectivité de leur domination en « situation coloniale » (G. Balandier) comme les différentes stratégies de coopération ou de résistance opposées par les populations colonisées, des premières années de l’occupation jusqu’aux vagues d’indépendance. Associées à la disparition de ces empires coloniaux, les décolonisations constituent en effet l’un des processus majeurs du XXe siècle dont il conviendra, dans un second temps, de retracer les étapes comme les modalités.